L’Agence Française de Développement (AFD) est autorisée à intervenir en Ethiopie depuis septembre 1993. Les projets sont identifiés et suivis par l’Agence de l’AFD à Addis-Abéba , qui suit également l’Erythrée, la Somalie et le Soudan, depuis septembre 2007.
Introduction
Avec une population estimée à 80 millions d’habitants en 2008, et une croissance démographique annuelle de 2,9%, l’Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, après le Nigeria.
Le produit intérieur brut en forte augmentation ces dernières années est maintenant estimé à 26.6 milliards de dollars pour 2008, soit environ 339 dollars par habitant. Les chiffres les plus récents indiquent que 38,7% de la population vit cependant encore en-dessous du seuil de pauvreté. Le rapport du PNUD sur l’Indice de Développement Humain place l’Ethiopie en 169ème position (sur un total de 180 pays).
Des déséquilibres environnementaux grandissants, tels que la déforestation et l’érosion des sols sont constatés qui résultent majoritairement de l’utilisation de technologies agricoles rudimentaires, couplés à un système rigide d’exploitation des terres Cette situation est a priori peu attirante pour des investisseurs dans le principal secteur d’activité du pays : la terre appartient à l’Etat et le gouvernement ne souhaite pas modifier cette situation
Ces facteurs contribuent indirectement au problème récurrent du manque de nourriture dans certaines zones du pays , situation notamment visible en 2008 suite à une sécheresse sévère qui a touché et touche encore environ 5 million de personnes dans les régions du Sud est en particulier et qui a contraint le pays à faire appel à un supplément d’aide alimentaire.
De leur coté, les zones urbaines sont souvent sous-équipées et leur croissance a été peu maîtrisée : elles font souvent face à des problèmes d’hygiène. L’absence ou l’insuffisance de structures d’assainissement ou de gestion des déchets solides est un défi permanent pour la majorité des villes y compris la capitale.
Après la dictature marxiste-léniniste du colonel Mengistu (de septembre 1974 à mai 1991), le pays a connu d’importantes transformations de 1991 à 1998 : des réformes libérales ont été mises en place par le gouvernement avec le soutien d’une assistance internationale. Depuis le fin du conflit avec l’Erythrée en 2001, et plus particulièrement depuis 2003-2004, le pays enregistre un taux de croissance annuel exceptionnel de plus de 10% en moyenne sur les 5 dernières années : son corollaire récent a été une forte inflation qui a atteint un taux inconnu dans le pays de plus de 35% en base annuelle moyenne.
1. Volume d’activité
De 2004 à 2008 les versements de l’AFD (hors FFEM) se sont élevés en cumulé à 18 M.EUR, entièrement sous forme de subventions. Six projets AFD concernant uniquement l’Ethiopie étaient en cours d’exécution ainsi qu’un fonds d’études (le troisième octroyé à l’Ethiopie).
Engagements
1,7 M. EUR en 2005 ; 7,3 M. EUR en 2006 ; 5,7 M. EUR en 2007 ; 46,6 M. EUR en 2008 :
Total : 61,3 M. EUR
Versements
5,7 M. EUR en 2004 ; 3,5 M. EUR en 2005 ; 3,8 M. EUR en 2006 ; 2 M. EUR en 2007 ; 3 M. EUR en 2008 ;
Total : 18 M. EUR
Certains de ces projets sont cofinancés avec la Banque Mondiale et l’Union Européenne : leur maitrise d’ouvrage est assurée soit par le gouvernement Ethiopien, soit par les entreprises publiques concernées ou la Mairie d’Addis–Abeba ou enfin par des ONGs françaises (InterAide et Action contre la Faim).
Il faut noter la forte accélération des engagements en 2008 suite à l’impact du premier prêt non souverain en faveur de EEPCo (45M€).
2. Instruments financiers disponibles et actions du Groupe AFD
L’Ethiopie appartenant au groupe des pays les moins avancés (PMA), l’AFD n’intervient en faveur de l’Etat ou des collectivités régionales que sous la forme de subventions.
Cependant l’AFD peut accorder des prêts non souverains (c’est-à-dire directement et sans garantie de l’Etat) à des entreprises solvables du secteur public marchand, voire à des entreprises privées, à des taux concessionnels si l’usage de la bonification est justifié ou à des taux proches du marché.
L’AFD explore activement les possibilités de développement du produit ARIZ (Assurance pour le Risque des Investissements dans la ZSP), dispositif de garantie destiné à faciliter l’accès aux financements et ce tant pour les institutions de microfinance que pour les petites et moyennes entreprises.
De plus, PROPARCO bien que n’ayant pas encore de statut officiel souhaite participer au financement du secteur privé, notamment par le biais de prêts, de prises de participations et de garanties : une demande d’extension du statut de l’AFD en Ethiopie à PROPARCO a été formulée auprès des autorités éthiopiennes. Enfin des cadres Ethiopiens peuvent bénéficier de formations et de séminaires (animés en langue anglaise) par l’intermédiaire du Centre d’études Financières, Economiques et Bancaires (CEFEB), le département formation de l’AFD.
3. Projets en cours et perspectives d’interventions
Dans le cadre de la réforme du dispositif français d’aide publique au développement de juillet 2004, un Document Cadre de Partenariat (DCP), concernant l’Ethiopie, a été signé à Addis-Abeba le 9 novembre 2006, par les ministres compétents des deux pays. A ce titre, l’AFD continuera à intervenir, sur la période 2006-2010, dans les deux domaines de concentration retenus par les deux pays : l’eau et l’assainissement ainsi que le développement urbain.
Dans le secteur de l’eau, des projets d’alimentation en eau potable sont en cours d’exécution à Addis-Abeba et à Debré Berhan ainsi que des projets d’irrigation (dans trois régions du pays) ; le projet de gestion intégrée des ressources en eau du Nil Ethiopien (rivière Abbay) est aussi soutenu. Dans le secteur du développement urbain, l’appui à la municipalité d’Addis-Abeba (projet du Fonds de Solidarité Prioritaire transféré à l’AFD), concerne la planification des infrastructures pour la mise en oeuvre du schéma directeur d’urbanisme de la capitale (marchés secondaires, transport de masse, déchets,…).
a) Le détail des projets en cours de l’AFD dans ces deux secteurs de concentration sont les suivants :
· Le cofinancement avec la Banque Mondiale de l’extension de la station de production d’eau potable de Legedadi (Addis-Abéba) et d’un programme d’appui à une réduction des pertes en eau du réseau de distribution (7 M.EUR au total) ;
· La prorogation de l’assistance technique auprès de la future agence de bassin du Nil Ethiopien (0,324 M.EUR) ;
· Un projet d’appui à la gestion des déchets solides d’Addis-Abéba (5,4 M.EUR ; convention non encore signée) ;
· Le cofinancement avec la Commission Européenne d’un projet d’hydraulique rurale avec l’ONG Inter Aide (0,325 M.EUR) dans la région SNNP ;
· Un projet d’hydraulique rurale avec Action contre la faim (ACF) (0,62 M.EUR ; convention non encore signée) dans la même région SNNP ;
· Un appui au Bureau Régional du Nil Oriental de l’Initiative pour le Bassin du Nil, basé à Addis-Abeba, et qui concerne, outre l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan (3 M.EUR, auxquels s’ajoute 1 M.EUR du FFEM) ; il s’agit d’un projet multinational suivi par l’agence d’Addis.
b) Les autres projets hors secteurs de concentration :
Projets octroyés :
· une subvention du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) pour la sauvegarde des jardins de case a été octroyée en 2004 pour un montant de 1,23 M.EUR ;
. Plusieurs garanties ARIZ (0.6 M€) viennent d’être signées en faveur de deux entreprises du secteur agro industriel et de 2 IMF (institutions de micro finance) avec deux banques privées de la place.
. un nouveau fonds d’études et de renforcement des capacités d’un montant de 1 M.EUR devrait être signé d’ici la fin du premier trimestre 2009 afin de continuer de financer des études préparatoires et de l’assistance technique en faveur de futurs projets.
. Par ailleurs, l’AFD a octroyé en 2008 un concours en faveur d’EEPCo dans le domaine de l’énergie renouvelable : ce financement de 45 M € participe au montage financier d’une ferme éolienne de 120 MW dans la région du Tigray (coût total : 220 M €) et il est en cours de finalisation. Ce premier financement très concessionnel va permettre aux cotés de financements commerciaux français (en grande partie garantis par la COFACE), d’accompagner l’offre clé en mains de l’entreprise française Vergnet qui a gagné cet appel d’offres international.
Projets en instruction :
Différents concours sont envisagés sur la période 2009/2010, tels que :
. L’interconnexion électrique avec le Kenya grâce à une ligne de transmission à haute tension (l’AFD finance les études de faisabilité de ce mega projet)
. Un projet de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines (EAL) pour le financement d’un centre de formation aux métiers de l’aviation (montant estimé du concours 30M$).
